• 26 juil.

Pourquoi ton corps tremble, pleure ou baille quand on te touche

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Est-ce qu'il t'est déjà arrivé d'aller te faire masser et de sentir, sans comprendre pourquoi, ton corps se mettre à trembler ?

Ou des larmes couler alors que rien ne t'a été dit ?

Ou une crise de bâillements qui ne s'arrête plus, comme si ton corps essayait d'évacuer quelque chose que ta tête ne comprend pas ?

Si ça t'est arrivé, cet article est pour toi. Parce que je vais te partager ce que nos thérapies ancestrales africaines savent depuis des siècles sur ce phénomène, ce que la science occidentale est en train de redécouvrir difficilement, et surtout ce que tu peux commencer à faire dès maintenant pour libérer ce que ton corps garde en silence depuis parfois des décennies.

Comment tout a commencé cette semaine

Je t'écris cet article un vendredi soir, après une séance de massage aux pierres chaudes avec Kanny, ma masseuse aux doigts de fée, qui vient chez moi chaque vendredi.

Aujourd'hui, quelque chose est parti de mon corps.

Je ne saurais pas te dire exactement ce que c'était. Une pression. Une présence. Un esprit, comme on dit chez nous. Ce que je peux te dire, c'est que pendant qu'elle me massait, je me suis endormie. Puis j'ai déjeuné. Puis j'ai fait une sieste de trois heures et demie. Et je sais que ce soir, je vais dormir profondément quand même.

Ce n'est pas de la fatigue. C'est un relâchement. Le corps qui lâche enfin ce qu'il portait sans le savoir.

Et si ça t'arrive de vivre ça, il est temps que quelqu'un t'explique ce qui se passe vraiment.

Le trauma, chez nous, est un esprit

Voilà une chose fondamentale que je veux te transmettre aujourd'hui.

Dans les langues occidentales, on dit "je suis traumatisée". Cette formule est une prison. Parce qu'elle t'identifie au trauma. Elle en fait ta nature. Elle le colle à toi.

Dans la plupart des langues africaines, on ne dit jamais ça. On dit "j'ai attrapé un traumatisme". On dit "elle a attrapé l'esprit de la peur". On dit "on lui a transmis l'esprit de la violence".

Cette différence de formulation n'est pas anodine. Elle contient tout un savoir ancestral.

Elle dit que tu n'es pas ton trauma. Tu as attrapé quelque chose, comme on attrape une maladie, comme on attrape une odeur en passant à côté d'un feu. Cet esprit est entré en toi à un moment donné. Il peut donc en ressortir.

Et c'est ça, le fond du travail thérapeutique ancestral : sortir l'esprit.

Selon les traditions, cet esprit peut être l'esprit de la peur, de la violence, de la colère, de la jalousie, de l'accaparement, du vol, de l'abandon, du silence. Chaque événement traumatique laisse un esprit qui s'installe. Il vit en toi. Il te vole ton énergie. Il colore ta perception de la réalité.

Tant que tu le portes, tu vois le monde à travers son filtre. Tant qu'il est logé quelque part dans ton corps, tu réagis aux situations comme si tu étais encore dans l'événement d'origine.

L'opération et la rééducation

Chez mes ancêtres, on pratique une tradition qui s'appelle le Ndeup. Ce sont des cérémonies de médecine qu'un œil occidental prendrait probablement pour des exorcismes. Dans ces cérémonies, on transfère l'esprit hors du corps de la personne, souvent vers un animal qui est sacrifié dans un rituel très précis.

Le principe est simple : l'esprit doit sortir. Il ne peut pas rester là.

Mais une fois qu'il est sorti, le travail n'est pas fini. Pense à une opération chirurgicale : le chirurgien retire la tumeur, mais ensuite il y a la cicatrice, la rééducation, le réapprentissage des mouvements. Le corps garde une empreinte de ce qui a été enlevé.

Le trauma, c'est pareil. Une fois que l'esprit est sorti, il reste une empreinte. Il reste des habitudes de protection que ton corps a mises en place pendant toutes les années où l'esprit vivait en toi. Il reste des filtres, des postures, des raccourcis neuronaux qui étaient devenus ta seconde nature.

C'est pour ça que dans nos thérapies ancestrales, on ne fait jamais juste le soin de libération. On accompagne toujours d'un travail de rééducation. On te réapprend à marcher droit. On te réapprend à voir clair. On te réapprend à demander, à recevoir, à parler, à occuper l'espace.

Où les femmes gardent leurs traumas

Chez la femme, il y a deux zones principales où les traumas s'installent et se gardent. Je vais te les détailler, parce que si tu comprends ces deux zones, tu vas commencer à voir ton corps différemment.

Zone 1 : l'utérus et les hanches

C'est la zone du chakra sacré. Elle gouverne ta fertilité, ta créativité, ton estime de toi, ta capacité à recevoir. C'est la zone associée à toutes les grandes déesses des eaux dans les traditions africaines : Mami Wata, Yemanja, Ochun dans le panthéon Yoruba, Kumba Castel ici au Sénégal. Ce sont les divinités qui gouvernent la féminité profonde, le plaisir, la fertilité, la puissance créatrice.

Quand une femme vit un trauma, en particulier un trauma sexuel, un trauma relationnel, un trauma lié à la maternité, à la perte, à l'humiliation intime, elle le garde majoritairement ici. Dans le bassin. Dans l'utérus. Dans les hanches.

C'est pour ça que quand un thérapeute travaille cette zone, ou quand une femme devient enceinte, ou quand elle accouche, ou quand elle a une intervention gynécologique, il arrive que des mémoires très anciennes remontent brutalement. Des larmes qui coulent sans raison. Des tremblements. Des colères inexpliquées. Des chagrins immenses.

Ce n'est pas ton corps qui fait n'importe quoi. C'est ton corps qui rend enfin.

La rééducation de cette zone passe par le mouvement. Danser. La danse du ventre, les danses africaines, n'importe quelle danse qui te fait bouger le bassin. Cinq minutes par jour suffisent pour commencer. Le yoga qui ouvre les hanches. La marche, tout simplement, parce qu'elle sollicite en profondeur cette zone. Et bien sûr, apprendre à demander, apprendre à recevoir, apprendre à accueillir le plaisir, tout ce qui rééduque ton rapport au monde après que l'esprit soit sorti.

Zone 2 : la gorge

C'est la deuxième grande zone de rétention, et curieusement, celle dont on parle le moins. Le chakra de la gorge.

C'est là que les femmes tues gardent leur trauma. Les femmes qu'on a fait taire. Les femmes qu'on n'a pas écoutées. Les femmes qu'on a invalidées. Les femmes à qui on a coupé la parole systématiquement. Les femmes qu'on a reprises, corrigées, contredites, réduites au silence. Les femmes à qui on a fait comprendre, mille fois, que leur parole ne comptait pas.

Au bout d'un moment, tu apprends tellement bien à te taire que tu perds l'usage de la parole. Ta voix devient petite. Elle vient de la gorge, plus du ventre. Elle est étranglée avant même de sortir.

Et un jour, dans un cours de chant, ou dans une séance de libération, ou pendant un soin, ça sort. Un cri de rage. Un hurlement. Des larmes incontrôlables. Comme si toute la parole retenue depuis des années sortait d'un seul coup.

J'ai vécu ça personnellement, il y a des années, dans un cours de chant. Un hurlement de rage est sorti que je n'aurais jamais pensé porter. J'ai vu des femmes autour de moi vivre exactement la même chose. Des larmes qu'on ne peut pas arrêter. Comme si la parole revenait enfin.

La rééducation de cette zone passe par le chant, la parole, l'expression. Chanter chez toi. Prendre des cours de chant si tu peux. Dire ce que tu penses, même quand ça dérange. Prendre la parole, même quand ta voix tremble. Et surtout, réapprendre à faire venir ta voix du ventre, pas de la gorge.

Quand ta voix vient de ton ventre, quelque chose pivote. Dans la manière dont tu te perçois. Dans la valeur que tu accordes à ce que tu dis. Dans la manière dont on te respecte. Dans ta visibilité.

C'est un des travaux les plus profonds qu'une femme puisse faire, et c'est un des plus libérateurs.

Ce que je te propose de faire cette semaine

Si tu as reconnu ton corps dans ce que je viens de décrire (que ce soit dans ton bassin, ta gorge, ou les deux), voici ce que je te propose pour commencer, sans attendre.

Un. Cette semaine, danse cinq minutes par jour. N'importe quelle danse qui te fait bouger le bassin. Seule, dans ta chambre, en pyjama. L'objectif n'est pas d'être belle. L'objectif est de faire bouger cette zone.

Deux. Cette semaine, chante. Sous la douche. Dans ta voiture. En cuisinant. Peu importe si tu chantes juste ou faux. Force ta voix à sortir. Sens-la vibrer.

Trois. Cette semaine, dis une chose difficile à quelqu'un. Une chose que tu as sur le cœur depuis longtemps. Une chose que tu retiens. Vérifie que tu peux la dire sans que ta voix se casse, sans t'excuser, sans arrondir les angles.

Ces trois pratiques, faites régulièrement, commencent le travail. Elles ne remplacent pas un vrai soin de libération, mais elles ouvrent le terrain.

Pour aller plus loin

Si tu veux travailler spécifiquement la libération de ta voix et de ta visibilité, mon programme Visible a été conçu exactement pour ça. Sept jours pour libérer ton chakra gorge, retrouver ta parole, oser occuper l'espace, et faire venir ta voix du ventre plutôt que de la gorge. Il est inclus dans ton abonnement Bliss Guidances.

La cure Bliss pour cette libération :

Visible

Si tu veux faire un vrai soin de libération émotionnelle et laisser sortir ce qui est logé dans ton corps depuis des années, deux soins ciblés existent dans ton espace Bliss :

Listen to your Heart - soin de libération des émotions réprimées

Bag Lady - libération des émotions qui ne t'appartiennent pas

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Un dernier mot

Ce que je veux vraiment te transmettre aujourd'hui, c'est que tu n'es pas ton trauma.

Tu as attrapé quelque chose, à un moment de ta vie, ou même bien avant ta vie à travers ta lignée. Cet esprit s'est installé. Il t'a fait porter des choses qui n'étaient pas les tiennes. Il t'a fait taire, il t'a fait plier, il t'a fait rétrécir.

Mais il peut sortir. Il peut être libéré. Ton corps sait comment faire, si on lui donne le bon cadre.

Danse. Chante. Parle. Fais-toi masser par des mains de guérisseuse. Fais des soins énergétiques. Va voir ceux qui savent traiter ces choses avec le savoir ancestral qui va avec.

Et ne te laisse plus jamais dire que tu es traumatisée. Tu as attrapé quelque chose. C'est tout. Et ce qui a été attrapé peut être relâché.

Prends soin de toi, vraiment. Et fais confiance à ce que ton corps te dit, même quand ta tête ne comprend pas.

Love,
Clarisse

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